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La Libye un passé douloureux, un présent chaotique et un futur sombre : le Désastre aux impacts Régionaux et Internationaux

 

Sahel Expertise et Conseil à organise, ce jeudi 13 juillet, en collaboration avec Monsieur Philip KALTENBACH Sénateur des Hautes de Seine, au palais du Luxembourg à paris, un colloque international sur le thème : La Libye un passé douloureux, un présent chaotique et un futur sombre : le Désastre aux impacts Régionaux et Internationaux.

Les travaux de ce colloque qui sera animé par un panel d’experts européens et africains comprenant :

  • Mohamed OULD RZEZIM Ancien Ministre et Ancien Ambassadeur de la Mauritanie à l’UA et Président du Centre EDDAR
  • Monsieur Mohamed El-Hassen OULD LEBATT, Consultant Sahel-Ec
  • Peer DE JONG spécialiste des questions de sécurité Président de l’Institut THEMIIS
  • Eric BLANCHOT, Président de PROMEDIATION,
  • Dr ZAHRA MANSOURY ancienne Ministre libyenne
  • Dr Paul KANANAURA, Président de l’institut Mandela
  • MINNI ARKOU MINAWI, Président du Mouvement armé de libération du Soudan

Les travaux du colloque ont été dirigés par Monsieur Mohamed Ould RZEIZIM. Ils ont été axés entre autres sur les thématiques suivantes :

  • La réalité libyenne avant la crise et perspectives de solutions,
  • La Libye : Stratégies divergentes aux conséquences régionales et internationales,
  • Raisons de l’échec de la proposition africaine de sortie de crise,
  • Impacts de la crise du golf sur le théâtre libyen et les bouleversements probables.
  • Le chaos Libyen et le repositionnement stratégique des acteurs de la guerre contre le Terrorisme
  • Le totalitarisme et l’impunité et leur rôle dans l’absence de l’Etat et le chaos dans la région

Ouvrant les débats Monsieur Mohamed Abba OULD SIDI OULD JEILANY a souhaité la bienvenue aux panelistes et aux invités au nom du Sénateur Philip KALTENBACH empêché et au nom de Sahel Expertise et Conseil.

Il a souligné que Sahel Ec a voulu organiser ce colloque pour permettre aux experts composant le panel de partager avec les invités leurs opinions et expériences et d’échanger avec l’assistance sur la problématique libyenne

Il a en outre exprimé son souhait de voir les travaux du colloque aboutir à des recommandations pertinentes aux acteurs libyens régionaux et internationaux.  Avant de présenter les membres du panel et de décliner le programme du colloque et passer la parole au Président du Colloque Mohamed OULD RZEIZIM

Président du colloque Mohamed OULD RZEIZIM a, à l’entame de son mot d’ouverture, exprimé ses remerciements à Sahel-Ec pour l’avoir invité au Colloque, au Sénateur Philip KALTENBACH pour leur avoir permis de tenir ce colloque dans ce prestigieux temple du pouvoir qu’est la salle Monnerville du palais du Luxembourg et au public qui bien voulu honoré le panel par sa présence.

A participé à ce colloque, un public composé de diplomates, parlementaires, de chercheurs et de journalistes. A l’issue des débat il a été constaté que :

  • La première victime de la crise libyenne a été le droit international bafoué par l’ensemble des acteurs de la crise et principalement ceux qui avaient pour mission de le rétablir,
  • Les principales victimes sont le peuple libyen dans toutes ces composantes et les migrants traversant le territoire libyen, pour eux la crise a été un désastre,
  • Les pays du Sahel ont été la une victime collatérale puisse la tombée de l’arsenal de l’armée libyenne entre les mains des trafiquants d’armes et des groupes terroristes a contribué à accentuer les facteurs de déstabilisation de ces pays,
  • L’Europe par l’accueil de vagues de migrants qui échouent à ses cotes paie un lourd tribut qui s’ajoute à la facture abyssale de sa guerre contre KADAFI

La Libye un passé douloureux, un présent chaotique et un futur sombre

Sahel Expertise et Conseil organise, ce jeudi 13 juillet, en collaboration avec Monsieur Philip KALTENBACH Sénateur des Hautes de Seine, au palais du Luxembourg à paris, un colloque international sur le thème : La Libye un passé douloureux, un présent chaotique et un futur sombre.

Les travaux de ce colloque qui sera animé par un panel d’experts européens et africains seront dirigés par Monsieur Mohamed Ould RZEIZIM Ancien Ministre et Ancien Ambassadeur de Mauritanie à l’UA.

Les débats de ce colloque auront pours axes entre autres :

  • La réalité libyenne avant la crise et perspectives de solutions,
  • La Libye : Stratégies divergentes aux conséquences régionales et internationales,
  • Raisons de l’échec de la proposition africaine de sortie de crise,
  • Impacts de la crise du golf sur le théâtre libyen et les bouleversements probables,
  • Le chaos Libyen et le repositionnement stratégique des acteurs de la guerre contre le Terrorisme
  • Le totalitarisme et l’impunité et leur rôle dans l’absence de l’Etat et le chaos dans la région

Il est attendu de ce colloque un ensemble de recommandations à l’intention des acteurs de la crise.


Colloque International sur la crise libyenne

Colloque International sur le thème La crise Libyenne Un passé douloureux un présent Chaotique et un avenir sombre : le Désastre aux impacts Régionaux et Internationaux

INVITATION
Monsieur Philippe KALTENBACH, Sénateur des Hauts de Seine,

Monsieur Mohamed Abba OULD SIDI OULD JEILANY Président de l’association « SAHEL-EC »

Sont heureux de vous inviter au colloque sur le thème : Colloque International sur le thème La crise Libyenne Un passé douloureux un présent Chaotique et un avenir sombre : le Désastre aux impacts Régionaux et Internationaux ; qu’ils organisent le Jeudi 13 juillet 2017 à 14h00 Au Palais du Luxembourg Monnerville, 26 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

Espérant l’acceptation de notre invitation, nous vous prions, Monsieur, d’agréer l’expression de notre haute considération.

Pour s’inscrire cliquer ici

Accès gratuit sur présentation d’identité et inscription obligatoire en précisant vos noms et prénoms, votre date et lieu de naissance (obligation du plan Vigipirate), vos adresses, fonctions et Organismes. Et cela avant le 03 Juillet 2017 par email info@sahel-ec.com

 


Premiere activité du Sahel Pour l’Expertise et le Conseil en France: Colloque les Défis sécuritaires en Afrique du nord et au sahel réalités complexes et horions sombres (focus sur les cas de la Libye et du Mali)

Monsieur Philippe KALTENBACH, Sénateur des Hauts de Seine,
Monsieur Mohamed Abba OULD SIDI OULD JEILANY Président de l’association
« SAHEL-EC »
Sont heureux de vous inviter au colloque sur le thème : Les défis sécuritaires au Sahel
et en Afrique du Nord ; qu’ils organisent le Jeudi 10 novembre 2016 à 17h00 Au
Palais du Luxembourg salle Vaugirard, 26 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

Pour s’inscrire cliquer ici


Prise de Position : Éclairages sur les Evènements récents de Guergaratt entre le Maroc et le Poslisario

Evénements accélérés :

Après une période de stabilité relative, ayant duré environ deux décennies, entre la République Sahraouie et le Royaume du Maroc, des indicateurs d’escalade ont plané dans la région notamment au cours de l’année 2016. Le regain de dissentiment surgit à la suite des mesures entreprises par le Royaume, suivies de sa décision d’expulser le personnel de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), en guise de protestation aux déclarations controversées du Secrétaire général sortant Ban Ki Moon. A ce titre, le Maroc a décidé de suspendre ses contributions financières aux dépenses de cette activité désormais suspendue ; le montant atteint trois millions de Dollars en 2016.

Il s’est également officiellement excusé de ne pouvoir accueillir le Secrétaire général lors de sa tournée dans les pays du Maghreb, au cours de laquelle, il s’était rendu en Algérie, en Mauritanie et dans la République rabe sahraouie démocratique (Rasd).

Toutefois, l’événement le plus étroitement lié au déclenchement de la tension remonte à la tentative marocaine d’ériger un axe de transport routier traversant la zone de de Guerguerat, un espace de neutralité tolérée par les deux parties. La Rasd y a perçu une provocation directe et une flagrante violation des accords militaires.

Sans tarder, le gouvernement sahraoui, par le biais d’un mémoire adressé aux Nations Unies, a exprimé son mécontentement envers les attitudes marocaines.

En revanche, le Maroc s’était montré d’autant plus ferme à poursuivre ses travaux d’aménagement. Transitant la barrière de frontières, ses équipements militaires et de génie civil ont investi le périmètre placé sous protection international.

En réplique, le gouvernement sahraoui a entrepris une démarche d’escalade au titre de réciprocité. Il déployait, des troupes et du matériel de guerre, à proximité des entrepôts marocains, dans une tentative de suspendre l’ouvrage entamé par le Maroc.

La zone n’a pas intérêt à une escalade

La situation sur les frontières septentrionales de la Mauritanie est affectée, de manière générale, par le revirement des relations algéro-marocaines et en particulier, les contradictions de ces deux pays vis-à-vis de la question du Sahara. Le litige, lié à des facteurs d’ordre historique, géographique et idéologique survit, comme un vestige de la guerre froide. Or, le gouvernement mauritanien a joué, récemment, un rôle crucial à travers les positions qu’il a adopté vis-à-vis du Maroc, de l’Algérie et  du Sahara.

Ces positions ont été perçues par chacune des parties selon son degré de susceptibilité et en fonction de ses intérêts propres.

Si la disparition du leader sahraoui Mohamed Ould Abdel Aziz entraine une délicate équation dans la position marocaine, le Royaume a choisi de tester la position du successeur, par ailleurs l’un des faucons radicaux.

Les derniers événements survenus dans la région ont montré la fragilité du contexte, la volatilité de la paix, la rupture de la confiance entre les protagonistes, donc, par ricochet, la nécessité d’une coopération pour résoudre dépasser face à une guerre froide qui perdure depuis quelques décennies.

De manière globale, l’espace maghrébin, en butte à des menaces ascendantes et multidimensionnelles, ne saurait supporter, par surcroît, une nouvelle crise classique entre Etats : le chaos en Libye, la guerre contre le terrorisme au nord du Mali et aux frontières sud de l’Algérie, les tensions dans la zone du Sahel et partout en Afrique de l’Ouest et du Nord, constituent autant d’enjeux d’une stabilité à reconstruire.

Ces foyers de violence impliquent, de la part des différentes parties, une vigilante faculté de retenue, de sagesse, de dialogue et de compréhension mutuelle.

Dans ces conditions, l’ONU a considéré que le Royaume du Maroc et le Front Polisario ont violé, en aout 2016, l’accord du cessez le feu conclu en 1991. En atteste un document confidentiel du Conseil de sécurité et révélé par les médias. Selon ce document, daté du 28 août et transmis pour information au Conseil de sécurité, le Maroc a mené du 16 au 25 août une opération présentée comme anti-contrebande dans la région de Guerguerat (au sud du Sahara occidental) au-delà du mur de défense, une barrière de sable bâtie sur près de 2 500 kilomètres

Y a-t-il un dénouement possible ?

Les récents développements à Guerguerat, ont dévoilé le vis-à-vis hostile de troupes sahraouies à et d’une société marocaine de travaux publics ; ils peuvent déclencher un incident précurseur de tensions durables.

La longue expérience de rétorsion belliqueuse entre les parties leur enseigne, cependant, la vanité d’une solution militaire. Leur puissance respective ne sont se suffit à trancher le nœud de leur dissentiment ; compte tenu de l’équilibre des énergies et de l’économie des moyens dont disposent le Maroc et l’Algérie, les dégâts résultant d’une confrontation dépasseraient l’avantage escompté ; l’usage des armes promet, en somme, une destruction mutuelle. Des forces tapis à l’ombre de la vulnérabilité des Etats n’attendent que l’occasion pour les achever et se propager alentour.

Le constat, appelle les différents acteurs, concernés de manière directe ou indirecte, à oser et entretenir des mesures d’anticipation vertueuse :

–         Œuvrer constamment à mettre fin aux tensions dans la région, en se retrouvant autour d’une table pour négocier et débattre, de façon sereine et rationnelle.

–         Le gouvernement mauritanien devra poursuivre sa doctrine de la neutralité positive et jouer un rôle marquant dans le rapprochement de deux parties.

–         Les Nations Unies encourageront l’organisation d’une nouvelle réunion de négociations, qui jettera les jalons d’une solution de compromis honorable qui s’appuie sur les chartes, règlements et traités internationaux et concorde avec les décisions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU.

–         Toutes les parties sont tenues d’accorder une teneur pratique aux mécanismes qui limitent le crime organisé, en particulier la propagation du terrorisme dans la région, le trafic d’armes, de stupéfiants, des êtres humains et assurent le respect des décisions des Nations Unies, relavant du droit à à l’autodétermination.

 

 

 

Centre Sahel pour l’Expertise et le Conseil

Aout 2016

 


Éclairages sur les attaques menées dans le nord du Mali

Avant propos

La plupart des études, recherches et séminaires qui traitaient le phénomène de l’extrémisme violent, où ce que l’on appelle « le terrorisme » se limitaient au diagnostic de ce phénomène et à l’étude de ses causes sans accorder l’intérêt idoine à certains détails, ni se préoccuper des données du terrain, nécessaires à l’analyse des opérations menées, aux fins de afin de connaitre les circonstances de leur apparition et leurs motivations. Aussi, convient-il, aujourd’hui, de mieux appréhender l’identité et la nature des acteurs et leurs liens organisationnels, avérés ou potentiels, avec les groupes armés.

Ce sont des données importantes qui confèrent, au sujet de l’étude, un caractère novateur, éloigné des méthodes conventionnelles, applicables dans ce domaine.

Aussi, allons-nous éclairer certains déterminants qui nous permettront d’appréhender les opérations militaires menées dans la région du Sahel et en particulier, au nord du Mali.

En effet, dans cette région du nord du Mali, les mouvements extrémistes violents ont réussi à pénétrer des ethnies depuis toujours à l’abri de leur influence, telles les Touaregs, Arabes et Peuls (Fulani). Néanmoins, il a été observé dans le domaine territorial de ces groupes autochtones, des attaques armées non revendiquées et dénuées de lien à ces communautés locales.

Clarté des objectifs visés

Au cours de l’année 2015, une série d’attaques extrémistes ont eu lieu dans le nord du Mali ; le nombre total s’élevait à 146. Les opérations, tous belligérants confondus, ont couté la vie à 387 personnes, en plus de dizaines de blessés.

Les raids ont visé des cibles variées, notamment des objectifs sécuritaires, militaires ou gouvernementaux. Egalement ciblaient-ils, de manière directe, la mission de l’Organisation des Nations Unies pour le maintien de la paix au Mali (MINUSMA).

Les données statistiques disponibles montrent que les violences menées durant cette période (146 opérations) ont été soigneusement orientées pour atteindre des objectifs sécuritaires ou militaires, à la fois au niveau intérieur et extérieur (forces d’intervention).

Les opérations menées contre la MINUSMA présentent 40% de l’ensemble des attaques, soit 58 actes d’agression armée. Les autres, de même proportion et intensité, tendaient à détruire des cibles militaires et sécuritaires locales. 20%  poursuivaient des buts de nature politique et économique.

Les données disponibles montrent la clarté et la cohérence, de la préméditation, de la délibération et du passage à l’acte, chez les auteurs, mus en l’occurrence par l’idéologie ou la rétorsion.  Ainsi, 80% des attaques étaient exécutées en vue d’atteindre l’ennemi, entrainant de sérieux préjudices à la partie adverse.

Il est rare encore qu’une attaque ne se solde par des victimes, nombreuses ; les attaquants, eux, s’en sortent, dans la majorité des cas, intacts.

Une action dictée par la conviction

Les statistiques du terrain sur les opérations effectuées durant cette période, le modus operandi, leurs moyens d’exécution et les déclarations par lesquelles elles se sont soldées, révèle une particularité significative ; les analystes varient dans son interprétation et au pronostic de ses répercussions. Mais la plupart affirment que l’idée de « la guerre totale » ou de « la guerre ouverte », théorisée par les groupes extrémistes, commençait à s’infiltrer dans les esprits des jeunes de différents milieux : social, économique et tribal de cette région, dont certains, pour ne pas dire un nombre substantiel, escomptent ainsi la récompense divine promise, en retour de l’exécution des opérations qualifiées par eux d’actes djihadistes.

La grande proportion des attaques non revendiquées par aucun des groupes armés au Sahel – 137 attaques sur 146, soit le taux de 94% – confirme une tendance : ici, la violence armée n’est pas l’apanage de l’extrémisme religieux.

Ceci soulève plusieurs interrogations mais les réponses restent floues en ce qui concerne l’efficacité de ce mode, sa rigueur, le niveau de conviction et le degré de loyauté des fidèles lors du départ au combat ; des paramètres classiques, comme le désir du butin, le rapt (Kidnapping) ou de pression sur des adversaires ou concurrents semblent non mesurables pour l’instant.

Quoi qu’il en soit, la résolution de ces groupes à se soustraire à la revendication de telles attaques, n’exclut l’hypothèse du calcul par omission volontaire ; cette attitude illustre, parfois une tactique de déception. En tout état de cause, l’ampleur des attaques, leur déploiement territorial et les moyens mis en œuvre, dans un environnement d’infériorité numérique et technologique, démontrent, a posteriori, le primat de la conviction parmi les djihadistes ; ici, la solidité du moral, compense le désavantage rationnel sur le terrain et leur confère, ainsi, une posture dissuasive face à l’ennemi.

Une zone d’action étendue

L’étendue de l’espace territorial sur lequel les attaques ont été menées, l’atomisation des zones, la participation de différents groupes armés de la région du Sahel ainsi que de combattants inconnus (cas des raids non revendiquées), constituent un indicateur important de la maitrise de l’initiative, si l’on rapporte les faits de guerre aux sites de déploiement des objectifs visés.

Cet indicateur conduit à constater l’élément le plus important qui ne concerne pas les détails d’une opération, ni le niveau de sa gravité ou de sa violence, mais il renseigne, plutôt, sur la nécessité d’une solution sociale et économique, au bénéfice de la population locale.

En effet, la réparation des torts allégués ou objectivement subis par les ethnies locales -le sous-développement de leurs régions – est de nature à stopper l’infiltration des organisations djihadistes chez eux ; l’accumulation de ces griefs et l’indifférence du monde à leur égard constitue un substrat propice au développement des organisations extrémistes.

En effet, le caractère irrédentiste ou fédéraliste de certaines revendications, notamment au nord du Mali, pourrait contribuer à la résolution envisagée et empêcher la prolifération d’organisations djihadistes. Dans les principes de ces mouvements, s’imbriquent le dogme religieux et l’intérêt, le credo et le tribal, l’international et le local. Ces éléments, bien pensés et corrélés, se prêtent  à une exploitation intelligente au service de la paix.

 

Capacité à atteindre les objectifs

Dans 121 opérations sur 146, l’on constate des pertes de vies, soit un taux global de 82% sur l’ensemble de ces actes de guerre d’où un succès avéré à identifier et à atteindre les objectifs ciblés.

L’enseignement statistique devient plus significatif encore si l’on retient que dans 93 opérations menées sur 146, aucun des auteurs de celles-ci n’a été atteint ni essuyé subi de perte visible sur le terrain ; le déséquilibre prouve, sans ambiguïté, une rigoureuse planification où la pratique du combat asymétrique joue un rôle déterminant.

 

Par ailleurs, il est curieux de relever qu’un nombre important des opérations (environ le tiers) ont été menées au début du mois (soit le premier, le 2 ou le 3), parfois à sa fin (le 30 ou le 31). Manifestement, les auteurs s’attachent à consacrer des moyens financiers pour mener leurs attaques, théoriquement au début du mois, traduisant ainsi le désir de frapper les institutions militaires et sécuritaires dont le personnel se réjouit, quand approche l’échéance des primes et salaires. Les attaques interviennent, alors, en guise de rappel à la précarité de leur vie, ainsi privée de joie et de sérénité.

Prospective d’une solution

Pour tenter de restreindre les opérations armées, de diminuer l’empathie populaire envers leurs auteurs et les isoler des sources de soutien matériel et moral, il conviendrait d’adopter une stratégie fiable qui tiendrait compte d’un diagnostic minutieux de la situation et élaborerait, alors, des solutions sûres.

Les grandes lignes de cette stratégie reposent sur les éléments suivants : d’abord cibler les jeunes endoctrinés par les groupes armés et ouvrir un dialogue sans tabou, un débat intellectuel et doctrinal, parmi les instances religieuses et en direction des ouailles, afin de dépasser les figures de référence dans le domaine djihadiste.

Il y a lieu d’aborder, d’emblée, la question du «  terrorisme » pour remédier aux carences et traiter les déséquilibres existants. In fine, le défi consiste à garantir, au plus haut niveau possible, le respect de la légalité et de l’équité pour redonner sens au processus de transition des peuples de la région, vers la démocratie et l’Etat de droit.

La stratégie d’endiguement, sous peine de tourner à vide dans le circuit habituel du détournement des ressources, devra dépasser l’étape du diagnostic et s’aventurer sur le périmètre des propositions réalistes. Celles-ci sollicitent l’apport conjugué des experts, des collectivités locales, des hommes sécurité, voire des victimes et djihadistes « repentis ». Il est urgent de se risquer à la prospective, avantager l’anticipation ; pour environ 90% des cas observés, les données du terrain ont montré l’absence des solutions à leur égard ; l’action entreprise se limite, souvent, à la phase de théorisation, loin de la réalité et en opposition avec l’efficacité.

 

Mohamed Abba OULD SIDI OULD JEILANY

Président de Sahel Expertise et Conseils Aout 2016

 


Mot de bien venu du Président

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Louange à Allah et paix et salut sur le Saint Prophète

 

Au début de ce séminaire/colloque de réflexion, organisé par le Centre SAHEL d’expertise et de conseils, je souhaite la bienvenue à tous nos honorables invités.

D’ailleurs, je suis heureux de vous exprimer combien nous sommes reconnaissants à vous, pour avoir honoré la rencontre, par votre présence, et participé aux débats, sans doute fructueux, objectifs et utiles.

Chers invités,

Aujourd’hui, nous avons choisi de regrouper ce nombre d’experts et de chercheurs pour discuter un sujet un sujet prioritaire pour les communautés de la sous-région et leurs gouvernements. Il s’agit de la sécurité et la stabilité dans le Sahel et le Sahara, considérées par le prisme de l’espace le plus instable,  à savoir l’Azawad.

En effet, au cours des dernières décennies, ce périmètre aura été le théâtre, de conflit, parfois endémique et parfois momentané mais toujours larvé, même en période de paix. Il  y a 3 ans, la zone a été le théâtre d’une intervention internationale, qui est rentrée, il y a quelques jours,  dans sa quatrième année consécutive, sans que se présente, à l’horizon, une date même approximative de règlement ; pour que les populations récoltent les fruits tels la stabilité et la sérénité ou au moins comprennent l’agenda d’une manière claire malgré le coût élevé vies humaines et pertes matérielles, l’écheveau du nord requiert une main qui le dévide, enfin.

Nous avons choisi aujourd’hui d’aborder la réalité de la région d’Azawad après trois ans d’intervention internationale, sa situation sécuritaire, politique et en matière de développement. Parmi nous, certains viennent de cette région, y vivent, d’autres l’ont connue par les brochures, les études et quelques-uns, grâce au voisinage ou à la faveur de la découverte fortuite, de liens en commun.

Il sera également question d’explorer les perspectives et d’essayer d’envisager l’avenir de l’Azawad, en fonction de ses réalités ; le constat prédictif aura son impact – positif ou négatif – sur la région dans son ensemble, sa stabilité, sa sécurité et son développement.

Honorables invités,

La question de la sécurité au sens large du terme a pris une grande place au sein des préoccupations et travaux du Centre SAHEL pour l’expertise et le conseil, depuis sa création. Sa première activité a été consacrée au thème « les moyens de neutraliser les groupes violents à travers le dialogue », thème d’un séminaire auquel prenait part un groupe d’experts et de chercheurs ; il aboutissait, alors, à des conseils pertinents et utiles dans le domaine.

En outre, le centre du SAHEL a organisé une session de réflexion sur les menaces que constitue la rivalité entre El Qaeda et l’organisation de l’Etat islamique (DAECH) au début de l’apparition de cette dernière dans la région.

Le Centre du SAHEL a élaboré, au cours de la période écoulée, de nombreux rapports et travaux d’évaluations sur les événements liés dans l’espace sahélo-saharien. Il aura également initié des rencontres avec des diplomates et des experts pour contribuer à réduire et alléger les pertes induites de la violence sur l’aire ainsi considérée ; il fallait solliciter puis mobiliser la pensée et l’esprit pour faire taire le bruit des armes, arrêter les explosions et ramener les consciences sur la pente de l’apaisement.

Mesdames et Messieurs,

Nous avons étés –délibérément- très sélectifs dans toutes nos activités surtout par le choix des experts, et des compétences, car nous visons des résultats bénéfiques et voulons gagner du temps. Pour ce faire, nos attentes étaient centrées sur une visée élitaire, d’où la qualité des travaux et recommandations jusqu’ici obtenus.

Le Centre continuera sur cette voie, et coopérera avec ceux qui empruntent un tel chemin. C’est un grand honneur pour nous, de regrouper un tel nombre d’experts et de chercheurs intéressés à débattre dans la confiance et la curiosité volontariste.

Encore une fois je vous remercie, vous êtes chez vous, parmi nous.

Paix, miséricorde et bénédictions de Dieu sur le prophète Mohamed

 

والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته


Synthèse des travaux Synthèse du colloque : « Azawad, après trois années de l’intervention internationale : bilan et perspectives »

Le Centre Sahel pour l’Expertise et le Conseil a organisé mercredi 16 mars 2016 un colloque intitulé : « Azawad après trois années de l’intervention internationale : bilan et perspectives ».

Des experts, chercheurs et spécialistes ont participé aux travaux, ainsi que des représentants des parties concernées au premier chef. Y ont assisté certains membres du corps diplomatique, arabe et occidental.

Les travaux furent introduits par le mot du président du Centre Sahel-EC, Dr. Mohamed Abba Sidi Jeilani ; ce dernier a expliqué le but du colloque, en l’occurrence porter un regard analytique sur la situation qui prédomine au nord du Mali et l’impact de l’ingérence étrangère, après 4 années consécutives de conflit.

«Nous entendons par ce colloque et les contributions de ces chercheurs mettre en discussion l’intervention internationale, en évaluer l’impact – positif soit – il ou négatif – sur la population locale, mais aussi dresser le bilan général de la situation, aussi bien sur le plan local que régional », ajoute Monsieur Mohamed Abba Jeilani.

Les communications du colloque se sont succédé selon le schéma suivant :

– une note d’encadrement, produite par le Centre Sahel-EC,

– une intervention du juge-chercheur Ahmed Abdallah Al Moustafa magistrat Spécialistes des groupes armés

– une communication présentée par le délégué de l’état-major des armées mauritaniennes, le colonel Mohamed El Moustafa Al Sakhawi ;

–  d’autres participants ont développé chacun, un aspect connexe au sujet, dont :

Moussa Ould Hamed ,  journaliste

Al Houssein Ould Meddou : journalist

Ely Ould Sneiba : ancien Commandant de l’Armée nationale

Outre ces contributions, des représentants des mouvements du nord du Mali ont eu à témoigner, longuement ; parmi eux, il convient de relever la présence de Monsieur Moussa Ag Attaher, représentant au Maroc du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).

Les participants ont traité les différents aspects de la question. La plupart concluaient au constat  d’une « ingérence étrangère » en lieu et place d’une « intervention internationale » ; cette redéfinition des termes leurs semblait plus appropriée à la réalité du terrain.

 

Ils estiment que la question se pose aussi bien au-delà du Mali, dans tous les pays théâtres d’une implication extérieure, de même nature ou intensité.  La question demeure de savoir, si l’ingérence fait partie de la résolution d’une crise ou, au contraire, constitue un facteur de sa complication.

Certains intervenants ont confirmé qu’au regard de nombreux précédents, y compris celui du nord-Mali, ceux illustrent, sans détour, un paramètre essentiel de la complication.

En effet, certains groupes visés par l’intervention s’en servent, comme prétexte pour la multiplication et l’intensification de leurs activités, le recrutement de nouveaux combattants ; ils vont parfois jusqu’à mobiliser, contre le gouvernement, les outils classiques de propagande sur la domination étrangère.

Les participants ont présenté les cas de l’ingérence américaine en Afghanistan,  Iraq voire au Mali, comme  des exemples de mutation, d’une opération ponctuelle d’ingérence vers une entreprise de colonisation, tout au moins, de facto.  Une telle évolution de la perception médiatique a produit l’effet inattendu d’un afflux de combattants, venus de partout, pour participer à des guerres non-conventionnelles d’où la hausse de l’insécurité et une déstabilisation récurrente.

Les participants soulignaient, aussi, les rapports et documents de l’Organisation des Nations Unies où l’intervention dans le nord du Mali était jugée « insuffisante » et inapte à mettre fin à la radicalisation violente. Ces textes considèrent et décrivent une guerre par procuration, inutile et sans issue.

Parmi les points les plus importants soulevés par les chercheurs, celui du retard de l’intervention internationale au nord du Mali. Celle-ci n’avait eu lieu qu’après un an de contrôle, par les groupes armés, d’un vaste territoire, peuplé de 2 millions d’habitants, sur une superficie supérieure celle, réunies, de la France et de la Belgique.

Aussi cette intervention n’a pas œuvré à rendre justice ni résoudre les litiges à l’origine du passage à la violence armée ; du défaut de résultat à courte et moyen terme, découle que l’intervention cessa de bénéficier du préjugé favorable de la population locale. Certains y suspectaient une mission accomplie pour le compte des pays intervenants, afin de préserver leurs intérêts propres et non pas ceux du Mali, des pays voisins ou encore des populations locales.

Les conférenciers ont également critiqué les forces internationales au motif qu’elles ne sont pas préoccupées par le renfoncement des capacités de l’Etat bénéficiaire de l’intervention ; est ainsi perdu de en vue l’objectif de permettre, au gouvernement, de prendre le relais, dans une phase ultérieure, à la fin du déploiement des forces étrangères.

Or, les capacités de l’Etat malien ne sont pas améliorées tandis que l’Etat intervenant a conservé toute sa puissance sur le terrain et devenait, alors, le premier acteur du maintien d’une stabilité, encore aléatoire, fragile.

Les intervenants ont insisté sur le fait que le conflit de l’Azawad constitue une crise à dimensions multiples : politique, sécuritaire, économique et sociale.

Se limiter à l’aspect politique ou sécuritaire relèverait de l’erreur. Le défaut de l’adoption d’une résolution consentie par les parties principales constitue une menace sécuritaire radicale pour la paix et la sécurité, à la fois sur le plan régional et mondial.

Les chercheurs ont souligné le rôle de l’armée de la Mauritanie qui s’articule autour de trois éléments qui fondent sa doctrine, à savoir :

–          La défense de l’intégrité territoriale contre toutes menaces potentielles.

–           La contribution au maintien de l’ordre sur l’ensemble du territoire national.

–         La contribution aux efforts internationaux pour le maintien et la préservation de la paix sur le plan mondial.

Ils ont ajouté qu’au moment de l’intensification de la crise, l’armée mauritanienne a œuvré pour la sécurisation des frontières, en collaboration avec les parties internationales impliquées sur le terrain. De même, elle a empêché l’usage du territoire national comme lieu de passage ou point de transit pour préparer, voire effectuer des attaques contre l’un ou l’autre des protagonistes.

L’armée a également encadré l’accueil des réfugiés de l’Azawad et organisé leur installation dans les camps établis, pour eux, dans l’est de la Mauritanie ; elle était représentée par des observateurs pour le suivi de la mise en œuvre de l’accord du cessez-le-feu conclu et coopère ; de manière permanente, avec les pays engagés sur le terrain et le groupe de 5 pays du Sahel (G5 Sahel).

Les chercheurs et conférenciers ont réitéré le primat d’une résolution malienne du conflit ; il revient, d’abord aux acteurs maliens, d’œuvrer à une solution globale et inclusive, sur la base d’engagements sincères. Les autres parties contribueraient, uniquement, à l’appui et la facilitation ; elles ne sauraient se substituer aux maliens ou en jouer le rôle, par procuration.

Les intervenants ont été unanimes sur le fait que le règlement du conflit ne pourra nullement se suffire de l’approche militaire, car les solutions par les armes s’avèrent de court terme et le but d’une action de contrainte consiste, justement, à réunir les prémisses d’une normalisation politique.

 

Les chercheurs ont rappelé l’ancienneté de cette crise et son enracinement depuis quelques décennies ; ils ajoutaient l’inanité des accords adoptés durant les dernières décennies, par déficit de suivi. La négligence des griefs historiques soulevés par les populations de cette région a conduit à l’émergence d’un nouveau paramètre, celui de mouvements djihadistes armés, lesquels incarnent, aujourd’hui, le principal défi dans la région.

Aussi, les participants soulignaient l’aspect le plus alarmant dans cette crise : la création, dans la région, d’un foyer d’anarchie,  propice à l’économie du crime et un terrain fertile au développement de groupes et d’activités illicites, dont l’influence, grandissante, fait fi des frontières et érode l’autorité des Etats.

Enfin les participants sont parvenu aux recommandations suivantes :

1-    La quête minutieuse, afin de parvenir à une solution durable au conflit de l’Azawad, de plus en plus durci, réduisant cet espace à un sanctuaire de l’illégalité, source d’instabilité générale dans la sous-région et le monde.

 

2-    L’invitation, des parties de la crise – le gouvernement malien et les mouvements de l’Azawad – à revoir leurs positions et faire preuve de concessions mutuelles pour parvenir à un règlement consenti et acceptable, de tous.

 

3-    L’incitation des Etats de la région et des acteurs internationaux à soutenir les efforts, des maliens, pour la réalisation de la paix et la stabilité et à  renoncer aux ingérences dans les détails, susceptibles d’entraver un accord ou freiner la réconciliation.

4-    La réalisation d’une évaluation objective de l’intervention internationale, pour mettre, devant leurs responsabilités, les institutions onusiennes et les forces extérieures, si la recherche établit, à charge, des torts supérieurs aux avantages.

5-    Constituer une force régionale capable de coopérer et d’interagir avec les institutions du Mali, pour faire face aux dangers transfrontaliers. Celle-ci devrait constituer une alternative aux troupes non-africaines, dont l’implication exacerbe le conflit.

Avoir présent à l’esprit, lors du règlement de la crise, tous les paramètres y compris la dimension sociale, économique, politique et sécuritaire.